Le mur végétal : la nouvelle tendance urbaine

Le récent confinement nous aura apporté son lot d’images insolites, de nature réinvestissant les espaces habituellement surexploités par l’activité humaine.

Pendant quelques mois, les chants d’oiseaux ont égayé nos réveils et les animaux les plus inattendus ont franchi le périphérique parisien ou les enceintes de nos villes les plus denses.

Les pouvoirs publics n’ont pas attendu la pandémie pour tenter de remédier à la mauvaise qualité de l’air et misent depuis quelques années sur toutes les formes de vert en ville : arbres en bordure de voirie, toitures, terrasses et façades végétalisées…

La plupart des municipalités réfléchissent à des solutions écologiques à base de plantes.

De fait, les architectes rivalisent de créativité pour lutter contre les effets du réchauffement climatique et nous aider à mieux respirer dans les grandes villes.

Ce mur végétal peut aussi faire une décoration sensationnel pour un évènement.

La végétalisation verticale, une invention française

Précurseur en la matière, le botaniste français Patrick Blanc a été le premier à concevoir un mur végétal dans les années 90. Sa réalisation majeure, un jardin suspendu réunissant 15 000 plantes et 150 espèces au musée du quai Branly à Paris, a construit sa réputation dans le monde entier.

Avec ce procédé, la végétation ne prend pas racine au sol mais pousse directement sur un substrat couvrant toute la surface du mur. Celui-ci repose sur un support de feutre synthétique dans lequel les végétaux peuvent puiser une solution nutritive contenant divers minéraux nécessaires à leur croissance. Cette solution chemine dans en circuit fermé : l’excès d’eau non absorbée est recueilli par une gouttière, rejoint le réseau de tuyaux et recommence son cycle.

Depuis, les concepts de murs végétaux ont évolué, et c’est aujourd’hui une tendance de fonds qui s’étend à tous les espaces bétonnés de notre pays.

Le mur végétal : des applications multiples

Les jardins et parcs n’ont plus le monopole des espaces verts en ville : sous l’impulsion des élus et de la prise de conscience écologique, les bâtiments publics ont progressivement reçu des toitures et façades végétalisées. Tous les grands projets d’urbanisme actuels intègrent des « murs verts » pour répondre aux enjeux du développement durable.
Concrètement, ces derniers permettent de réguler la température des locaux, de réduire les écoulements d’eau, d’améliorer la qualité de l’air et d’augmenter la biodiversité.

Dans la logique des open space, les entreprises ont rapidement suivi le mouvement et intégré le mur végétal pour proposer un environnement de travail plus sain à leurs employés. De véritables cocons de verdure ont vu le jour pour rendre les bureaux plus agréables et surtout plus respirables.

Le végétal, en purifiant, assainissant et régénérant l’air ambiant, s’est révélé un facteur de bien-être en entreprise, reconnu pour ses vertus anti-stress.

La nature entre aussi dans les centres commerciaux et les salons professionnels, avec la mise en place de patios et de banquettes de gazons aux pieds des boutiques ou des stands. A l’ère du tout internet et de l’e-shopping, les commerces doivent redoubler d’efforts pour proposer une expérience unique à leurs clients. Le design végétal représente une solution nouvelle pour créer l’événement, inciter les clients à franchir la porte des lieux de vente et valoriser les produits.

Plus étonnant, de plus en plus d’hôtels et de restaurants surfent sur la « green wave » en proposant une atmosphère tropicale à leurs clients. L’ambiance zen est propice à la détente ou à la pause déjeuner, et le mur végétalisé vient atténuer le brouhaha des conversations et des assiettes à l’intérieur, ou du vacarme de la circulation sur les terrasses à l’extérieur.

Le mur végétal, en plus de son apport décoratif, peut représenter aussi une solution intelligente dans les métropoles où le manque d’espace est criant. Maintenant, on peut jardiner en ville comme à la campagne ! Fruits, légumes, fleurs…toutes les cultures sont possibles avec les jardins verticaux.

Enfin, la nature entre aussi dans nos maisons et nos appartements, en remplaçant des tableaux ou autres étagères décoratives. Au-delà de sa valeur ajoutée esthétique, le mur végétal agit comme isolant phonique et thermique. En effet, il atténue les nuisances sonores et réduit la consommation énergétique de votre habitation, en la protégeant du froid l’hiver et de la chaleur l’été. Par son apport d’humidité dans l’air, il peut aussi améliorer sa qualité en fonction des plantes choisies.

Le mur végétal, pour lutter efficacement contre la pollution

Au-delà̀ du simple effet paysager, l’intérêt de ces éléments naturels au cœur de la ville est surtout de créer un microclimat spécifique permettant d’obtenir un impact positif sur la qualité́ de l’air et sur l’atténuation des changements climatiques. En milieu urbain, les plantes d’une façade végétalisée agissent en effet comme de véritables dépolluants qui filtrent les particules et poussières de l’atmosphère, absorbent l’ozone et transforment le dioxyde de carbone en oxygène.

On sait que les particules fines et le dioxyde d’azote, très présents en ville, sont dangereux car ils peuvent pénétrer dans nos voies respiratoires et être à l’origine d’affections graves.

Recouvrir nos façades de plantes grimpantes pourrait réduire de 40% le taux de dioxyde d’azote et de plus de 60% celui des particules fines.

L’installation de murs végétaux représente encore un coût important pour les collectivités, mais encouragées par les résultats écologiques probants, de nombreuses entreprises planchent sur des petits formats plus économiques.

C’est par exemple le cas de la startup allemande Green City Solutions, qui propose des panneaux de 4 mètres sur 3 tapissés de mousse, fonctionnant grâce à des bactéries qui absorbent les particules polluées. Ce dispositif baptisé City tree peut absorber jusqu’à 240 tonnes de gaz, de poussières et de particules par an. Il faudrait 275 arbres dans un rayon de 50 mètres pour faire le même travail. Londres, Hong Kong et Paris, place de la Nation, ont déjà adopté ce concept qui dépollue l’air de 30%.

A l’image de cette nouveauté, le mur végétal a conquis de nombreux pays et a un bel avenir devant lui car il représente à la fois un défi technique, un élément d’écologie urbaine, mais aussi une œuvre d’art.

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